En complément de la version audio, retrouvez juste en-dessous la fiche critique plus détaillée à partir de laquelle j’ai réalisé cette vidéo. Bonne écoute et bonne lecture.

Fiche Critique : Holkyia I – Hannah et les enfants maudits

Salut à toi, Noctambule_girl ! Ça y est, nous y voilà ! Je viens de lire les cinq premiers chapitres d’Holkyia. Et… bah il va y avoir du boulot, surtout si tu veux en faire une série. Il y a clairement une idée pour faire une saga de 12-15 ans fantastique sympa, car tu as déjà ta marque de fabrique : le burlesque et les dialogues. Problème, la qualité du texte est bien en-dessous de ce que tu pourrais faire. Entre le premier chapitre et le dernier il y a un écart énorme tant dans la narration que dans la rédaction. Et pour moi, tout ça tient à deux éléments :

  • Ton manque d’expérience et de préparation AVANT d’écrire : tu verras le nombre d’incohérences ou de fautes que j’ai relevé, mais ça aurait pu être évité si tu avais pris le temps de penser en amont ton chapitre, surtout quand il y a de l’action et de la magie. Mais avec un peu de préparation, par un plan par exemple, ça pourrait vite être réglée
  • La volonté d’écrire pour ton public plutôt que pour être édité : clairement, certains chapitres ne tiennent pas du tout la route, sont déséquilibrés ou creux. Et cela vient du premier élément cité, mais aussi du fait que tu sembles passer de moins en moins de temps à travailler chaque chapitre pour juste remplir rapidement les pages et les publier sur Wattpad. Wattpad est une bonne plateforme pour obtenir des retours en quantité, mais pas en qualité. Malheureusement (ou heureusement), je n’ai vu que des commentaires positifs sur des chapitres qui clairement ne sont pas bons. Et je pense qu’avec son système qui pousse à la rédaction rapide, tu as fini par écrire pour Wattpad, plutôt qu’ne te disant que le but d’Holkyia c’est d’être lu dans toute la France voire le monde. Si tu veux mon avis, Wattpad tue le potentiel de ton œuvre et je vais te montrer pourquoi

1 • Le Scénario, le titre, le résumé

  • Le résumé donne-t-il envie d’en savoir plus ?

Tout d’abord le titre : bah écoute, je le trouve vendeur. Holkyia sonne fantasy. Et le mot « maudit » peut nous amener sur pas mal de pistes ! Je pense qu’en série Young Adult fantasy, ça pourrait le faire.

Puis le résumé ! Bon, dans sa forme il doit être repris, car tous ces débuts de phrases en « C’est … » pour faire comme dans une bande annonce de film. Le problème vient surtout du fond : il y a trop d’éléments dont certains qu’on ne verra même pas. Et du coup, ça fait un peu « roman survendu ». Le résumé doit donner envie de lire ce qu’il y aura dans ce livre présentement, mais surtout dans la première partie, pas au milieu ou à la fin. Par exemple avec la mère détruite, ce qui est très mal-dit : est-ce vraiment le focus ici ? Tu veux déjà beaucoup en mettre et ça fait catalogue.

Pour moi, ton résumé doit parler d’une chose qui n’est pas présente ici : Hannah. Donc soit, tu présentes la situation initiale : une fille mystérieuse est faite prisonnière pour la survie d’Holkyia, mais alors qu’elle succombe encore une fois aux expérimentations des scientifiques de l’état, elle parvient à contacter deux êtres singuliers : un garçon et une fille qui, comme elle, portent une terrible malédiction. Arriveront-ils à s’interposer entre les plans d’Holkyia et Hannah ?

Bon, il n’est pas ouf, mais au moins on sait ce qu’on va lire. Ou sinon, tu prends le chemin inverse : tu parles d’Hokyia et de son extravagance et tu finis sur le fait qu’il soit en péril, mais heureusement le royaume à trouver la solution : Hannah, seize ans et magicienne.

Outre ce côté catalogue, j’ai vraiment eu l’impression que l’histoire ne collait pas au résumé. En fait, tu vends tellement ton œuvre dans le résumé que quand on te lit finalement on a l’impression de lire autre chose. Par exemple, tu parles du monde d’Holkyia : on va le voir plus tard, mais tu ne le décris jamais. Pareil pour l’extravagance : mis à part le professeur aux ailes de chauve-souris, aucune évocation des cultures comme promis. A ce sujet, j’ai cherché la définition d’extravagance et j’ai plus l’impression que le bon terme est loufoque voire burlesque plutôt qu’extravagant. Enfin, BREF !

En définitif, tu devrais revoir ton résumé pour plus te focus sur un élément et non pas nous faire un listing de tout ce qu’on va trouver dans l’ouvrage.

  • L’histoire est-elle cohérente ?

Enfin, il fallait bien attaquer l’œuvre. Et franchement, niveau cohérence, tout se tient jusqu’au chapitre deux. Après c’est l’accident industriel et ça s’empire. Très clairement, j’ai failli m’arrêter au chapitre trois, car j’ai vraiment eu l’impression que tu ne me respectais pas en tant que lecteur. Mais on va rentrer dans le détail, chapitre par chapitre.

 

Chapitre 1 : un bon petit chapitre, mais attention à quelques erreurs

Ici, on retrouve Hannah prisonnière du royaume et sur le point d’être de nouveau soumise à une drôle d’expérience pour la contrôler mentalement je crois. Cette scène m’a mis tout de suite dans une ambiance très « X-Men ». Cette mutante que l’on traite comme un cobaye et pour sauver l’humanité semble-t-il. On aurait donc droit à un ennemi non-manichéen ?

Après, je pense que tu essayes de faire deux choses qui ne vont pas ensemble : faire passer Hannah pour un cobaye déshumanisé et rendu anonyme et nous l’a présenté. Du coup ça donne lieu à une petite incohérence de sa réflexion, car elle se sent, et devrait se sentir pour le message du roman, comme un rat de labo. Sauf que le garçon lui explique pourquoi ils font ça et souhaite sa coopération : l’animal on ne lui demande rien. De même, si dès qu’on lui fait une injection, elle ne se souvient de rien, comment se fait-ce qu’elle sache pourquoi le scientifique vient dans sa chambre ? Pourquoi parle-t-elle de souffrance dans la première ligne du texte, même ? Il faudrait vraiment clarifier les impacts des substances qu’on lui injecte, car cette incohérence m’a sorti du livre.

Enfin, vient un petit chipotage à la sauce, Big Brother : je n’aurais donné le nom et l’âge d’Hannah qu’au moment où le scientifique la pique et lui demande son identité, comme s’il avait justement accès à son esprit et qu’il le disséquait. Et à la fin, hop, je balance le paragraphe avec l’âge et la cabane. Le lecteur du coup serait comme Hannah : perdu et se raccrochant, semble-t-il à de vagues souvenirs diffus.

J’ai vraiment apprécié ce premier chapitre, surtout qu’il pose les bases de l’intrigue principale, la recherche d’Hannah, et de ton univers : Holkyia est en danger et il faut la sauver, quitte à disséquer des humains. Et côté thématique, j’en parle dans la partie Fond, mais il y avait de très bons débuts de réflexions sur des thèmes comme la science ou l’innovation

Chapitre 2 : un premier pas dans ton univers loupé

Ici, à part quelques éléments, comme le professeur, j’en parle aussi dans la partie message, Kai et son lien avec Hannah, très bonne idée d’ailleurs, ou encore sa relation avec Tiaki, je le trouve vide. Comme dit dans l’univers, je pense qu’on peut rajouter des éléments à ce chapitre pour le rendre plus intéressant. Il y a un gros trou inexploité entre la sortie de l’école et la scène à la maison, puis le soir. Tu ne semblais pas savoir quoi y mettre, hormis 2-3 passages car tu fais même des sauts dans le temps étranges. Après le dessin animé tu parles de soir et de manger.

Clairement, prends ton temps au début pour poser les bases, même si les gens disent que c’est trop long ou que ça ne va pas assez vite, car clairement je n’ai pas eu l’impression de quitter mon monde pour le tien. Tu nous as promis de l’extravagance, des cultures différentes… Je n’ai rien vu de tel. On a eu une scène de vie banale dans un monde banal… Dommage, car c’était le moment de me marquer avec plus que deux ailes de chauve-souris.

Par contre, et j’en parle dans la partie personnage, un bon gros point pour la relation Tiaki-Kai : on y croit et on s’attache rapidement à cette petite tête. Tu places aussi de bons dialogues qui permettent un peu développement d’univers et de thématiques pertinentes.

Puis viens le chapitre 3

Chapitre 3 : meurtre par incohérence

Que dire de ce chapitre ? Il devait mettre en avant Tiaki d’un point de vue intellectuel et magique, car elle a des pouvoirs. Soucis ? C’est que tu lui as fait prendre un enchainement de mauvaises décisions qui font qu’elle passe plus pour une folle que pour un petit génie, car elle ne fait qu’empirer la situation déjà catastrophique, tuant normalement son frère au passage. Tu essayes même de rendre la chose intense en nous disant le nombre de minutes qu’elle passe à tirer son frère dans les escaliers, mais on ne ressent pas ce temps qui passe et surtout…vu la position du corps de Kai pendant plus d’une heure, il a sûrement avalé sa langue. Et du coup, quand vient le moment où la magie fait son apparition. J’en parlerai dans le chapitre suivant, mais normalement Tiaki ne peut même pas avoir accès à la pierre, sauf si ses parents sont totalement inconscients et vu comment elle s’en sert, le lit aurait dû normalement céder… J’en parlerai dans la partie univers, mais je pense que tu devrais faire des recherches sur la gravité, car cette partie avec la pierre m’a donné envie de fermer ton roman ici. On était dans de l’improvisation totale, comme Tiaki, dans de la surenchère pour nous faire rire peut-être, mais là notre héros est sur le point de mourir. Est-ce le moment ?

Enfin, viens le moment final : elle utilise ses pouvoirs magiques. Je n’ai rien ressenti. Elle ne transpire, fait tout sans un bruit et après s’évanouit, encore une fois après une ellipse qui nous dit que c’était un effort intense. Heu… C’est la première fois qu’un de tes personnages utilise de la magie : tu dois plus nous décrire ses sensations, la puissance qui l’envahit, le doute aussi, car j’ai calculé le temps nécessaire à toute la manœuvre, on est sur plus de deux heures et elle n’est même pas sûre de son plan… Pourquoi ne pas avoir utilisé son pouvoir par terre dans le salon ou sur le canapé ? Tu trouveras juste en-dessous, sur ton texte corrigé toutes les incohérences et éléments qui m’ont perturbé :

  • Elle le traina par les bras, afin que sa tête touche le moins de marches possible dans les escaliers qui menaient aux chambres. ; euh pourquoi aller dans la chambre alors qu’il y a un canapé à côté ? Ça serait même plus plausible vu sa taille…
  • 78 minutes d’efforts intenses ; pourquoi cette obsession pour l’heure et les minutes ? Si tu veux nous montrer que l’effort est intense, décrit-nous plus la scène, les émotions de Tiaki, ainsi que ses gestes
  • Ausculter : ausculter ? Heu ça me paraît peu logique… Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Ses parents sont des gens importants, mais pas irresponsables. Ils n’ont pas un médecin à appeler au cas où ? Je veux bien que Tiaki veuille l’aider mais là ça la dépasse et la vie de son frère semble en jeu. Je ne sais pas, ça se trouve il a une hémorragie interne dans le crâne ou a fait un malaise cardiaque ? C’est trop simple et pas logique, surtout que le paragraphe d’avant elle était paniquée… Bon après on peut se dire que sous la panique elle a oublié les consignes de ses parents quand ça arrive
  • Son frère lui avait toujours interdit d’entrer, et puis, on raconte que les garçons de cet âge cachent parfois des choses indécentes dans leur chambre – encore de sages paroles du vieil homme du bout du quartier – . Et si je tombais sur les choses indécentes de Kai ?! Et si, depuis le début, c’était ces choses qu’il ne voulait pas que je vois et que c’est pour cela que je n’ai pas le droit d’entrer ? ; heu non par contre ce moment gâche clairement l’ambiance de la scène qui se veut lourd, angoissant. En plus, on n’a pas eu une seule pensée du personnage et la seule que l’on ait n’est pas cohérente : Taiki semble savoir où elle va avec le corps de son frère, même si ça paraît peu probable qu’à 6-7 ans on porte un garçon de plus de dix ans, alors pourquoi ne réfléchir à la question de la chambre qu’une fois en haut ? Elle est réfléchie donc ça ne colle pas et veut alléger l’ambiance… Mauvaise idée
  • Sur ces interrogations, Tiaki se retourna vers son frère. Il était toujours par terre, étalé comme un petit tas de confiture gélatineuse que l’on viendrait de déposer sur sa tartine. Pourvu qu’il aille bien… ; c’est tout ? Purée le temps est compté ! Là à nouveau ta métaphore bien que très enfantine donc ça passe ne rend la scène que plus ridicule. À nouveau, ça se trouve son frère va mourir ! Elle a six ans et se dit juste « pourvu qu’il tienne » ? Mais il tient plus à rien là, il est évanoui… Ton personnage s’emble super éveillé intellectuellement au point de connaitre le mot ausculter, mais elle ne se dit pas que peut-être sa chambre serait une solution plus rapide ? Ou celle de ses parents ?
  • surtout après les quelques accidents de l’escalier ? ; lesquels ? Pourquoi ne pas les avoir décrit pour faire monter la tension ? Ont-ils eu un impact sur le corps de son frère ?
  • Comment le faire gravir une échelle pour l’amener à son lit ? ; donc en plus le lit est super haut ? Non franchement, ton personnage est peut-être soumis à la peur, mais là je trouve ça gros. Elle savait que son lit était en hauteur, mais rentre tout de même ? Pourquoi pas le canapé ? En vrai, c’est un parti pris, de l’amener à aller jusque dans la chambre, mais dans ce cas décrit bien chaque action et ses peurs pour qu’on ait peur avec elle. Comme tu ne nous l’as pas montré autrement qu’en pleine possession de ses moyens, ça passe juste pour un choix idiot
  • Elle le traina par les bras, afin que sa tête touche le moins de marches possible dans les escaliers qui menaient aux chambres. ; euh pourquoi aller dans la chambre alors qu’il y a un canapé à côté ? Ça serait même plus plausible vu sa taille…
  • 78 minutes d’efforts intenses ; pourquoi cette obsession pour l’heure et les minutes ? Si tu veux nous montrer que l’effort est intense, décrit-nous plus la scène, les émotions de Tiaki, ainsi que ses gestes
  • Ausculter : ausculter ? Heu ça me paraît peu logique… Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Ses parents sont des gens importants, mais pas irresponsables. Ils n’ont pas un médecin à appeler au cas où ? Je veux bien que Tiaki veuille l’aider mais là ça la dépasse et la vie de son frère semble en jeu. Je ne sais pas, ça se trouve il a une hémorragie interne dans le crâne ou a fait un malaise cardiaque ? C’est trop simple et pas logique, surtout que le paragraphe d’avant elle était paniquée… Bon après on peut se dire que sous la panique elle a oublié les consignes de ses parents quand ça arrive
  • Son frère lui avait toujours interdit d’entrer, et puis, on raconte que les garçons de cet âge cachent parfois des choses indécentes dans leur chambre – encore de sages paroles du vieil homme du bout du quartier – . Et si je tombais sur les choses indécentes de Kai ?! Et si, depuis le début, c’était ces choses qu’il ne voulait pas que je vois et que c’est pour cela que je n’ai pas le droit d’entrer ? ; heu non par contre ce moment gâche clairement l’ambiance de la scène qui se veut lourd, angoissant. En plus, on n’a pas eu une seule pensée du personnage et la seule que l’on ait n’est pas cohérente : Taiki semble savoir où elle va avec le corps de son frère, même si ça paraît peu probable qu’à 6-7 ans on porte un garçon de plus de dix ans, alors pourquoi ne réfléchir à la question de la chambre qu’une fois en haut ? Elle est réfléchie donc ça ne colle pas et veut alléger l’ambiance… Mauvaise idée
  • Sur ces interrogations, Tiaki se retourna vers son frère. Il était toujours par terre, étalé comme un petit tas de confiture gélatineuse que l’on viendrait de déposer sur sa tartine. Pourvu qu’il aille bien… ; c’est tout ? Purée le temps est compté ! Là à nouveau ta métaphore bien que très enfantine donc ça passe ne rend la scène que plus ridicule. À nouveau, ça se trouve son frère va mourir ! Elle a six ans et se dit juste « pourvu qu’il tienne » ? Mais il tient plus à rien là, il est évanoui… Ton personnage s’emble super éveillé intellectuellement au point de connaitre le mot ausculter, mais elle ne se dit pas que peut-être sa chambre serait une solution plus rapide ? Ou celle de ses parents ?
  • surtout après les quelques accidents de l’escalier ? ; lesquels ? Pourquoi ne pas les avoir décrit pour faire monter la tension ?
  • Comment le faire gravir une échelle pour l’amener à son lit ? ; donc en plus le lit est super haut ? Non franchement, ton personnage est peut-être soumis à la peur, mais là je trouve ça gros. Elle savait que son lit était en hauteur, mais rentre tout de même ? Pourquoi pas le canapé ? En vrai, c’est un parti pris, de l’amener à aller jusque dans la chambre, mais dans ce cas décrit bien chaque action et ses peurs pour qu’on ait peur avec elle. Comme tu ne nous l’as pas montré autrement qu’en pleine possession de ses moyens, ça passe juste pour un choix idiot
  • Tiaki fila jusqu’au bureau de son père, elle s’empara de son trésor et repartit aussi vite le fixer sur son frère. C’était peut-être la plus grande découverte que la science ai faite récemment, une pierre unique, capable d’inverser les effets de la gravité sur la personne qui la porte. Le petit bout de magie était délicatement posé dans le creux de sa main, subtilement enroulé dans un précieux tissu noir. Tiaki ressentait sa puissance, elle semblait résonner dans sa poitrine et éveiller la singularité de la jeune fille. Tiaki avait un secret, et ce secret semblait s’agiter en elle, comme éveillé par la seule présence de cette pierre. Il faudra que je raconte ça au vieux monsieur du bout du quartier… Il pourra peut-être m’en parler ; tout ça pour ça ? Ça fait très artificiel et mal amené. Pourquoi évoquer son pouvoir Maintenant et de façon si appuyée ? Pourquoi n’a-t-elle pas pris la pierre il y a une heure quand elle a vu qu’elle n’avait pas la force pour le porter ? Et là ouais si tu veux tu peux dire qu’elle arrive à amplifier sans le vouloir le pouvoir de la pierre… Là ça ne va pas. Ça manque de subtilité…
  • Une fois bien au dessus du lit, elle avait récupéré la pierre, ; comment l’a-t-elle fait alors qu’elle est suspendue dans le vide ? Sans effort ? Si elle touche la pierre elle s’envole non ? Et s’il tombe violemment sur le lit, en fonction de la hauteur avec le lit, celui-ci pourrait même scinder sous le choc…
  • La manœuvre avait duré un peu plus d’une heure, mais elle avait finalement réussi, ; donc il a lui a fallu 1h20 pour le monter dans sa chambre puis 50 minutes au moins pour le mettre dans son lit. On est sur une opération de 2h10. Elle n’appelle personne ? Vu les déplacements du corps, il a même peut-être avalé sa langue
  • chaton en bonne santé d’Holkyia. Tiaki observa son frère, elle allait utiliser son secret lorsque quelque chose arrêta son regard : un tatouage. Kai avait un tatouage sur son avant bras droit. Elle ne rêvait pas, pourtant elle savait que quelques heures auparavant Kai ne s’était jamais fait tatouer. Était-ce un des effets secondaires de la pierre anti-gravité ? Elle vérifia ses avant-bras. Non, ce n’est pas en rapport avec la pierre, elle aurait aussi eu une marque sinon. C’était un étrange tatouage, elle n’en avait jamais vu de semblable, ni à la télé, ni dans les magazines. Il dégageait une drôle d’impression, un peu comme la pierre mais en plus… mystérieux. Il ressemblait à un cœur transpercé par ce qui semblait être une vague ou une ondulation. Tiaki essaya de le frotter pour l’effacer mais rien n’y faisait : son frère était désormais tatoué et, lorsqu’il se réveillerait, elle devrait lui annoncer. ; est-ce vraiment le moment ? Tu casses le rythme de la scène… Tu aurais dû mettre ça à la fin. Genre Kai se réveille et se rend compte qu’il a un tatouage

Non, franchement, ça ne tient pas debout. Je me suis senti pris pour un idiot en fait. Je te propose dans la partie personnage un moyen plus pertinent de mettre en avant Tiaki sans avoir à travers toute la maison par magie avec, mais malheureusement je pense que c’est à ce chapitre que l’effet wattpad a commencé. Ça a baissé en termes de qualité d’écriture : on retrouve davantage ces sauts dans le temps étrange avec indication du nombre de minutes, mais on n’a aucune mention des émotions des personnages ou même de l’état du malade qui se prend des escaliers, des portes, des murs, un plafond et un lit… Ça fait beaucoup.

En définitif, ce chapitre est à refaire. Il est bâclé, bien en-dessous du tout premier et j’ai même failli arrêter la lecture ici, car c’est ce qu’un éditeur aurait fait je pense. Fais des recherches sur la gravité et les choses à faire lorsque quelqu’un tombe dans les pommes, ainsi que sur la force d’une fille de 6-7 ans : rien ne tient. Et surtout on oscille entre moment tendu et des incrustations d’univers ou de petites pensées légères sur le porno (message hyper cliché sur les mecs et pas logique…). Fais des plans de tes chapitres et demande-toi de quoi je veux parler. Quant à tes scènes d’action, ne les improvise pas car tu oublies des éléments : Tiaki ne transpire pas, ne grogne pas, ne s’énerve pas, ne pleure pas alors qu’elle se bat pendant deux heures avec le corps sans vie de son frère. Et la chute sur le lit… Tes deux personnages auraient dû mourir ici en fait.

Quant à l’utilisation du pouvoir… C’était hyper prévisible mais ça rend ton personnage encore plus incohérent : avait-elle besoin de le mettre sur son lit pour utiliser son pouvoir ? Bah non. Elle aurait pu l’utiliser dès le début. Ça fait improvisé, forcé, pas maîtrisé et en tant que lecteur on peut se sentir non respecté comme je te le disais plus tôt

 

Chapitre 4 : les conséquences de l’accident industriel

À nouveau, un chapitre qui compte trop d’incohérences et manque de contenus. Ça va trop vite car tu ne décris rien. On sent ton empressement à vouloir finir ton chapitre pour aller au plus intéressant pour toi, oubliant le lecteur. Résultat : on ne sait pas à quoi ressemble ton monde, on a un objet magique incohérent et des personnages incohérents… Ça ne va pas. On ne sent pas l’Univers derrière nos héros. Holkyia ressemble à quoi ? Je ne sais pas. Tu nous as promis l’extravagance, je n’en vois nulle part… Toutes les descriptions sont évitées pour aller dans l’action pure. Même le tatouage n’est pas plus décrit. On a aucune immersion dans l’univers, car tu écris comme si le lecteur connaissait le monde aussi bien que toi. Sauf que non. C’est à toi de nous le présenter, de nous le décrire. Ce que tu ne souhaites pas faire, car tu ne décris pas l’aérogare, pas la ville ni même le café. Heureusement, tes dialogues restent toujours aussi sympathiques et on a même deux petits éléments sur l’univers mais sans plus…

Et en fait j’ai repensé à quelque chose en relisant le chapitre : pourquoi Kai emmène Tiaki avec lui ? Elle a six ans. Elle n’a pas cours ? Lui non plus ? Ne va-t-on pas les chercher ? Il passe du grand-frère responsable du chapitre deux à garçon incohérent qui doit suivre le scénario, car oui, tout est fait pour te faciliter la tâche : il va dans un bar et trouve sans souci là où ils doivent aller. Leurs parents ne sont pas rentrés. La pierre d’antigravité n’a rien endommagé… On a aucune tension, car tout se passe trop bien. Dans ce genre d’histoires, tout repose sur l’enquête pour retrouver la personne disparue justement et les oppositions que vont rencontrer les personnages. Sauf que là… ils n’en ont aucune.

 

Chapitre 5 : de l’extravagance à la comédie

Ici, on est clairement sur le ton de la comédie, non plus de l’extravagance. Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. On a déjà eu très peu de tensions avec le chapitre d’avant et là tu fais toute une scène drôle avec les ennemis ? Ça fait beaucoup manga non ? En plus ce n’est pas justifié car il y a encore trop d’incertitudes. De plus, comment Hannah va maintenir le lien avec Kai et Tiaki alors qu’elle va encore perdre la mémoire et la conscience, donc normalement le pouvoir sur nos héros… Enfin je ne sais pas. Une scène d’humour tout un chapitre discrédite totalement les ennemis alors qu’on les voit pour la deuxième fois et qu’ils n’ont encore rien fait. J’ai peur pour leur confrontation avec Kai et Tiaki, mais pour moi il est impossible qu’ils rentrent dans le complexe. De plus, Hannah dit que plusieurs marionnettes ont échoué : elle sait que la tâche est difficile, mais elle s’excite déjà. C’est incohérent avec le personnage intelligent du début du chapitre et du roman que tu nous présentes

 

En définitif… je suis déçu et triste, car il y avait un vrai potentiel dans Holkyia et j’ai l’impression que ton choix de te publier sur le net, ou de ne pas prendre les choses au sérieux, a gâché l’ensemble. Tout va vite, mais en même temps en trente pages on n’a pas eu d’action marquante. L’univers est une page blanche et les incohérences s’accumulent, au point que les personnages et le système des pouvoirs en deviennent ridicules. Personnellement, je n’ai pas envie de continuer de suivre Kai et Tiaki et je pense que des éditeurs n’auraient même pas pris la peine de finir le chapitre trois. Comme dit plus haut, on voit la nette différence entre le chapitre 1 et les autres : moins de rigueur, moins de scènes percutantes. Juste un enchaînement d’action imprécise dans le seul but de faire avancer l’intrigue. Le problème, c’est qu’en écrivant ainsi, tu lèses le lecteur sur le carreau et te fais un délire solo. Tu peux ! Mais dans ce cas, n’espère pas être édité

En termes de prise de risque, je dirai que c’est le parti pris, d’un coup, de rajouter de l’humour : ça m’a fait penser à une version caricaturale d’un dessin animé. Les méchants effrayants du chapitre 1 deviennent des gars drôles avec lesquels on peut rire, on joue avec les règles de la gravité, une enfant de 6 ans porte un mec d’au moins 16 ans ?!

Mon conseil : fait des fiches, surtout que tu es partie pour une série et que tu manques pour l’instant de pratique pour te lancer dans un roman sans filet. Que ce soit les personnages, les lieux, même ton système de magie, et surtout ton histoire : tu dois tout maîtriser pour nous offrir quelque chose d’intéressant.

 

2 • L’univers

Clairement, côté univers, ça démarrait bien. Au premier chapitre, j’avais encore trop peu d’informations pour me faire un avis sur l’univers car on était dans un laboratoire et n’avions qu’un dialogue pour source. Je pensais que l’on allait avoir un monde à la X-Men ; très clairement.

Mais au final, on n’a presque rien eu du tout pour se figurer Holkyia. Tu évoques des éléments du décor, comme si on les connaissait déjà. J’ai trouvé chaque chapitre suivant sous exploité sur des points de l’Univers, voire vite expédié. On sentait que tu voulais vite arriver à la fin. Mais prends ton temps. Par exemple, tu dis dans ton résumé que l’extravagance est le mot d’ordre de cet univers. Je n’ai rien ressenti. Rien n’a accroché mon oeil, hormis le professeur. L’école ou le quartier n’est pas décrit non plus, de même que les élèves qui sont peut-être particuliers. Rien. Et enfin le moyen de transport ou les enregistreurs de devoirs sont évoqués comme ça. Pour le moment, je n’ai pas l’impression de vivre dans un autre monde du tout.

La seule chose qui m’a captivé était le professeur avec ses ailes de chauve-souris. Le reste… je ne sais même pas quoi dire, car on a que quelques éléments de-ci delà :

  • les cyborgs existent
  • les tatouages sont mal vus et peuvent être condamnables
  • il y aurait en chaque individu de la magie et d’autres en auraient davantage
  • dans les bars et restos, il y a des tables reliées au réseaux

Un dernier point sur la gravité : fait des recherches, mais vu la chute qu’ils font, normalement le lit s’écarte au sol.

Donc comme pour la partie scénario, je n’ai pas ressenti le côté immersif. Au contraire, sans la partie dans le bar, le monde d’Holkyia aurait pu être le nôtre tant tu ne décris rien de spécial. A nouveau, tu dois décrire ton monde, car le récepteur ce sont les lecteurs, pas toi seule dans ton coin.  Tout ton univers contredit ton résumé et donc la promesse faite au lecteur : on n’a pas de culture particulière, pas d’extravagance, pas de monde d’Hokyia, tout court.

Tu dois équilibrer tes chapitres avec des passages non en action, mais aussi en description, car pour comprendre les enjeux d’un univers et avoir envie de le sauver, je dois commencer par le voir en image, en vie. On a aucun décor, aucune description précise de la ville ou des lieux.

 

3 • Les personnages

Bon, cette partie va être des plus simples puisque les passages que j’ai lus ne mettent en avant que trois personnages principaux. Je rajouterai tout de même un petit commentaire sur les scientifiques, les parents et le professeur Kino. C’est parti !

Hannah, une héroïne peu travaillée

Je me dois de commencer par Hannah, puisqu’elle donne son nom au titre du tome et va nous occuper pendant tout un arc narratif. Lors du premier chapitre, j’avais une bonne opinion d’elle. Même si son introduction était un peu brouillonne, elle nous posait assez de questions sur le personnage pour que l’on cherche à comprendre qui elle est, d’où elle vient, etc.

Mais dès ce premier chapitre, il y a quelques incohérences qui accompagnent le personnage, mais de petites :

  • on lui fait des tests qui à chaque fois touchent sa mémoire, alors comment peut-elle se souvenir du lieu où elle se trouve et que l’homme face à elle veut faire des expériences sur elle ? Pourquoi se souvient-elle-même de la souffrance, de la peur ou de la sensation de mort, alors que le but des piqures qu’on lui fait est de la briser mentalement et de toucher sa mémoire
  • elle dit se sentir comme un rat auquel on fait des expériences sans comprendre pourquoi, sauf que le scientifique dès le début lui explique pourquoi ils font cela. Et là, elle ne réagit pas, s’apitoie sur son sort, etc.

Donc, on peut se demander si le personnage est assez fort et cohérent pour porter. Mais le mystère que tu laissais à la fin du premier chapitre nous laissait présager que oui et elle avait un pouvoir avec de bonnes potentialités. Jusqu’à ce que j’arrive au chapitre six. On avait laissé ton héroïne au bord de l’agonie, après une énième expérimentation sur son corps. Elle devrait donc rester sur ses gardes, réfléchir à comment ne pas attirer l’attention des scientifiques, au moins le temps que la situation se sécurise, car elle ne sait pas qui sont les deux personnes qui vont venir la sauver ni s’ils en seront capables. Elle fait tout le contraire : elle se met à s’agiter, à faire des blagues, à discréditer l’ennemi, alors que concrètement elle n’est pas tirée d’affaire. Elle prend même à la rigolade sa captivité… Je veux bien qu’elle soit euphorique, car il y a de fortes chances qu’elle soit sauvée, mais là ça faisait vraiment dessin animé débile. On a eu des scènes comiques et légères dès le chapitre trois. Pour moi, tu aurais dû revenir sur une situation de tension et non pas de nouveau aller sur un ton léger qui tranche totalement avec le chapitre un, mais surtout avec le scénario global, ainsi que sur la construction du personnage d’Hannah. Et pour moi, cette erreur vient du manque de travail sur la préparation en amont du personnage : Hannah a seize ans, pas dix, et semble garder en prison depuis pas mal de temps. Et d’un coup, elle perd tout son sang-froid ? Est-ce que ça ne va pas attirer l’attention des scientifiques ? Je te laisse réfléchir à tout ça.

En termes de symboliques, si j’ai bien compris, Hannah représente à la fois l’espoir d’Holkyia et une menace pour le royaume. On pourrait y voir une allégorie de la science : le progrès pourrait permettre de nous sauver ou de tous nous éradiquer. D’autres questions nous sont posées à travers elle :

  • jusqu’où doit-on aller pour sauver une vie ? Le sacrifice d’une vie pour en sauver d’autres est-il légitime ? Un acte héroïque ? Un crime ?
  • le pouvoir doit-il être inné, comme Hannah, ou acquis et donc donné aux plus méritants ?

A nouveau, à toi d’y réfléchir pour nous proposer quelque chose d’inédit

Kai, un drôle de grand-frère

Kai est le personnage auquel on doit le plus s’identifier : il a 15-16 ou 18-19 ans je crois, n’aime pas l’école et est un rêveur avec d’étranges visions. Il est un peu une version fantasque du lecteur qui souhaite s’échapper de sa vie normale pour s’embarquer dans une grande aventure. Cependant, là aussi il y a de gros problèmes de cohérences avec le personnage. C’est un ado comme un autre, pas un super-héros. Sauf qu’à peine a-t-il sa vision, lui qui peine à croire aux légendes, va se décider à s’embarquer, avec sa sœur de six ans, à la recherche d’Hannah, sans hésitation, sans questionnement. Il vient d’échapper à la mort et ne demande même pas à sa sœur comment elle l’a sauvé : il est parti pour on ne sait où. Il faudrait vraiment réfléchir à la mentalité de Kai : soit, c’est un adolescent qui n’est pas crédule et ne croit qu’à ce qu’il voit, encore faudrait-il le développer, soit c’est un garçon intrépide et dans ce cas on doit nous le montrer.

Dans le même ordre d’idée, puisqu’on a aucune description physique de lui, on peut se demander s’il est taillé pour affronter les scientifiques qui retiennent Hannah : une petite fille de six ans a réussi à le porter dans les escaliers, tout de même.

Donc que ce soit sur le plan physique comme mental, je ne le comprends pas. Pour moi, comme dans tous les scénarios de ce type, tu aurais dû nous montrer le personnage décider d’oublier la vision et de retourner en cours, plutôt que de se dire, alors que ses parents sont médecins si j’ai bien compris, « Hannah, 16 ans ? Ok, c’est parti ! On quitte tout, c’est parti ! » Et s’il est manipulé par Hannah, dans ce cas, montre-nous qu’il le fait contre sa volonté, parce que là on dirait qu’ils vont en balade, tranquille. Dans le café, par exemple, il laisse sa sœur interroger les gens sur Hannah ? Mais qui fait ça ? La discrétion ? Imagine, il y avait un scientifique ou un garde royal ? Ou même juste un kidnappeur ?

En définitif, afin de faire avancer ton histoire, tu ne respectes de nouveau pas la mentalité de base de ton personnage. Kai est un garçon calme, un bon grand-frère qui, certes, n’aime pas l’école, mais n’est pas un super-héros. C’est un gars lambda sur lequel va tomber Hannah. Alors que là, ça fait trop « préparé » : j’ai vraiment eu l’impression que Kai n’attendait que ça. Il ne prend d’ailleurs même pas le temps de se laver et part à l’aventure sans se soucier de si ses parents rentrent ou pas…

Tout ça m’amène aux messages que soulèvent le personnage. Comme pour Hannah, la première partie est super pertinente. Puis vient le chapitre 3 & 4 et on n’y comprend plus rien :

  • A cause de ses problèmes mentaux, Kai a du mal à se concentrer, mais son père, qui semble vraiment une incohérence à lui tout seul, se dit que c’est parce que c’est un génie. Bon, ça mériterait un peu plus d’explications, mais la thématique intéressante autour du personnage porte sur les types d’intelligence et l’école. Qu’est-ce qu’être intelligent ? L’école est-elle faite pour tout le monde ?
  • Notre relation aux croyances : c’est la thématique la plus pertinente pour Kai, mais aussi celle qui montre ton manque de travail du personnage. Kai est normé, incrédule aux légendes, voire à l’histoire. Il nous interroge donc sur des thèmes plus profonds comme la vérité, les légendes, notre relation à l’information. Il semble toujours remettre en cause son univers, ou plutôt devrait si on avait davantage de descriptions. Sauf qu’à peine a-t-il un message télépathique d’Hannah, il y va ! On parle du gars qui cinq minutes avant remettait en cause son professeur de légendes… Etrange
  • La famille et plus généralement la relation fraternelle : Kai est le grand-frère et le père de Tiaki puisque ses parents ne sont jamais là, pour le bien du scénario je suppose. Mais du coup, il n’est pas logique qu’il l’embarque avec lui pour aller on ne sait où ou qu’il quitte la maison sans la remettre en ordre, voire même qu’il laisse du porno traîner par terre.

En parlant du porno, j’évoquerai la partie suivante les messages caricaturaux et dangereux qui entourent Kai et qui devraient être plus mûrement travailler. En attendant on passe à sa sœur.

 

Tiaki, une supe héroïne en devenir, à moins que

Elle est le vent de fraîcheur de ton roman. Même si, comme pour son frère, on a du mal à vraiment se la représenter, on s’attache vite à elle et je trouve que sa relation avec Kai est très réaliste, du moins jusqu’au chapitre deux. Leurs échanges sont intelligents, on se plait à les voir manger ou juste regarder la télé ensemble et on sent un réel attachement entre les deux. De même, à la différence de son frère qui reste attaché aux choses du quotidien, elle est celle qui sort des sentiers battus, même si à nouveau ça pose la question des parents :

  • Croire avant de voir serait son crédo : elle est passionnée par les légendes et passe beaucoup de temps, malgré les interdictions de sa famille, avec un vieil homme. Bon, il y a une grosse incohérence là encore, car à six ans ça m’étonnerait qu’on te laisse te balader en ville seule, surtout pour aller voir un clochard, mais ça montre son tempérament totalement inversé à celui de son frère
  • L’intelligence peut revêtir plusieurs formes : tout à l’heure, je disais que le père de Kai voyait dans ce dernier un génie. Sauf que pour moi, c’est Tiaki le véritable génie et c’est ce que tu essayes de nous montrer, maladroitement, dans le chapitre 3. Sans être allée à l’école, elle tente de sauver son frère en se servant de ce qu’elle a autour d’elle et y parvient grâce à la magie de l’incohérence. Même si le chapitre trois est à refaire, c’était une bonne idée de nous montrer ici l’intellect de Tiaki. Cependant, tu sembles confondre intelligence et imagination : être intelligent revient à réaliser dans des situations que l’on juge impossible des choses ou alors inventer quelque chose de toute pièce pour résoudre ou améliorer une situation. Sauf que dans le chapitre 3, elle ne prend que des mauvaises décisions pour au final utiliser son pouvoir. Il lui a fallu, d’après mes estimations, 2h10 avant de l’utiliser. Même si ça part d’une bonne intention, je pense que Kai serait mort depuis longtemps, surtout après leur chute depuis le plafond sur le lit.

Enfin, je ne reviens pas dessus. En tout cas, Tiaki m’a fait penser à un article qui pourrait t’inspirer sur un enfant de cinq ans qui a sauvé sa mère : https://www.google.fr/amp/s/mobile.francetvinfo.fr/sante/soigner/un-enfant-de-cinq-ans-sauve-sa-mere-en-appelant-les-pompiers_2951451.amp. Déjà que son père est amené de façon très clichée et est un cliché : elle veut soigner des gens alors elle a le pouvoir de soin, tu dois rendre l’usage de son pouvoir plus impactant. Là, ça sortait de nulle part et il n’y avait aucune intensité, pas même une goutte de sueur. Mais tout cela revient à repenser ton système de pouvoir magique et cie, car cela manque aussi de préparation, comme dit plus tôt. Quant à Tiaki dans son tempérament, si elle est la fille intrépide, son frère ne peut pas l’être aussi sinon leur duo perd de son intérêt. Ce qui m’a plus dans le chapitre deux c’était leur prise de position divergente, car plus tard tu pourrais vraiment les faire échanger sur des thématiques variées ou même hésiter sur des positions à prendre par rapport à une situation. Sauf que si les deux finissent par penser de la même façon, ça va vite être plat. Donc à nouveau, construit bien tes personnages, surtout en termes de psychologie, car elle m’a vraiment agacé pendant le chapitre trois tant c’était débile. Mais tu verras mes réactions sur ton texte commenté.

Quitte à parler des enfants, passons aux parents !

 

Des parents absents et incohérents

Bon, on ne voit pas vraiment les parents, alors je vais être très bref. Cependant, à part le côté parent-modèle quand Tiaki nous raconte l’anecdote avec sa mère, j’ai vraiment eu l’impression que si nos héros étaient orphelins l’histoire n’aurait pas changé :

  • Le père se dit que Kai est un génie : fais-lui passer des tests, non ? Sur quoi se base-t-il alors que c’est un scientifique ?
  • Les parents qui laissent la petite fille de six ans se balader seule dans ville pour aller discuter avec des clochards ? Depuis quand un enfant de moins de dix ans peut aller seul en ville. A moins que tu me justifies cela par un univers hyper sécurisé etc, ça fait un peu gros la facilité scénaristique. On peut même se demander quand est-ce que Tiaki a pu aller voir le clochard : soit elle est à l’école soit à la maison. Aussi mature soit-elle, il faut être inconscient pour laisser à une enfant si jeune les clés et la possibilité de sortir
  • Le scientifique qui garde ses expériences dans son bureau… ouvert à tous : bon, on va revenir sur les chapitres trois et quatre… Mais comment Tiaki a pu rentrer dans le bureau de son père et trouver aussi facilement, ça tient sur une ligne, la pierre d’antigravité ? En plus, on append on chapitre d’après qu’il s’agit d’un objet expérimental. Donc son père, scientifique, laisse traîner dans sa maison, alors qu’il est une personne connue de ce que tu nous dis, les résultats de ses recherches ? Et si on venait s’en prendre à ses enfants pour les obtenir ?

 

En définitif, les parents subissent aussi tes erreurs et facilités scénaristiques et renvoient un très mauvais message sur les adultes en général : on n’a pas besoin d’eux pour s’en sortir. Par exemple, Kai fait une crise et Tiaki au lieu d’appeler des adultes, comme lui aurait peut-être conseillé sa mère, décide de prendre la situation en main et y arrive. Même si les parents n’apparaissent pas, là ils font vraiment artifices scénaristiques : cette famille existait avant que l’histoire ne commence. Elle a un vécu, des liens, alors retravaille ces parents et leur relation avec leurs enfants, pour que même s’ils soient absents on n’ait pas l’impression qu’ils soient juste là pour servir le scénario et basta. Sinon, autant en faire des orphelins.

 

Des scientifiques pas si crédibles

On va revenir sur une autre chose qui fâche : les scientifiques du chapitre six. A nouveau : pourquoi avoir fait ça avec eux ? L’histoire d’Hannah doit être sombre et donner à réfléchir à nos héros sur l’envers de leur monde qui leur semble tranquille. Sauf que tu as changé ta seule menace en une blague : Hannah ne peut pas les moquer comme ça, alors qu’ils l’ont enfermé depuis plusieurs mois, au moins, et qu’ils ont de quoi la rendre inoffensive, voire même tuer deux personnages. Ce sont des scientifiques de l’état : on peut être extravagants mais intelligents, comme le Joker. J’ai l’impression que pour le coup, tu confonds extravagance et comédie, voire idiotie. Comme dit plus tôt : elle était aux abois et d’un coup elle s’excite. Le scientifique devrait s’en rendre compte et décider de renforcer les sécurités ou au moins se poser la question. Non, il passe pour un papy gâteux … Etait-ce une bonne idée ? On peut faire des blagues, mais à excès, ça finit par déconstruire tes personnages et même ton intrigue, malheureusement.

Et c’est dommage, car ces scientifiques ne semblent pas être des méchants, voire des méchants tout court : ils font ces expériences pour sauver leur monde. Ils posent la question de la science comme moyen pour sauver l’Homme.

 

Professeur Kino, le meilleur personnage du roman ?

Bon bah tu l’as vu à mon titre, mais pour moi le professeur Kino est le personnage le plus intéressant à la fin de ces chapitres cinq. Il n’apparaît que quelques secondes, mais il reste sur son personnage, permet de développer la culture de l’univers et incarne parfaitement une allégorie pertinente avec le thème de l’école. En effet, juste avec cette super idée, qui ne reviendra plus jamais, de personne qui souhaite se faire greffer des organes animaux. Là, clairement tu as une super thématique sur l’évolution de l’espèce humaine et ce qu’on appelle le transhumanisme. Mais parce que tu ne nous décris pas l’univers dans sa globalité, en ville par exemple, ça passe pour quelque chose d’anecdotique. Deuxième chose, sur une autre thématique, le fait qu’il se greffe des ailes de chauve-souris lui donne un côté monstrueux et lui permet d’être moche psychologiquement, comme expliqué par Kai, et physiquement. Il est l’allégorie de la phobie scolaire, soit un nouvel aspect de l’école contemporaine.

 

En définitif…

Tu sais rendre des personnages intéressants et percutants. Malheureusement, tu as du mal à les faire réagir en cohérence avec leur mentalité et du coup crées des personnages quasi-schizophrènes. De même, tu ne prends pas le temps, et on revient sur la partie scénario, de poser les actions et réactions des héros et donc les effets sur eux. Rien que la sueur après un effort, les questionnements sur les événements sont improvisés et subis par les héros, rendant le tout artificiel. Donc, je te propose de te poser sur chaque personnage et d’avoir au moins des petites notes claires sur qui ils sont et comment ils vont potentiellement évoluer, car un personnage qui change de comportement d’un chapitre à l’autre, ce n’est pas très cohérent et peut même irriter les lecteurs.

4 • Le fond

Ok ! On attaque la partie la plus importante à mon sens, car elle va justifier tous tes choix artistiques : le fond.  Que tu le veuilles ou pas, les œuvres qui te marquent le plus sont empreintes d’un message qui peut aller du plus simple au plus complexe. Et si tu pars sur une série, il est important que tu réfléchisses à ce dont tu veux parler au fil des tomes, à travers les personnages, et quels arguments ou débats tu veux développer. En gros, ton roman est une sorte de grand discours qui va te permettre de développer des idées. Là, tu vas peut-être te demander pourquoi j’appuie sur ce point. Parce que c’est le souci majeur de ton œuvre et des œuvres en général quand on débute : on ne sait pas ce qu’on va écrire parce qu’on ne sait pas de quoi on va parler. On écrit généralement comme on lit et toi ton style, j’en parle juste après, s’appuie surtout sur l’action et les dialogues, laissant de côté les descriptions, le scénario clair la logique. Du coup, voici tout de même plusieurs thématiques que tu pourrais aborder dans ton roman. Je suis d’ailleurs près à t’aider à le faire.

 

  • La science : solution ou fin de l’humanité ? Cette problématique peut être illustrée à travers le scientifique du premier chapitre. Il ne maltraite pas Hannah parce qu’il est vicieux, mais parce qu’ils veulent extraire son pouvoir, si j’ai bien compris, afin de s’en servir pour le bien commun. J’ai trouvé ça super intelligent et intéressant, car on ne peut pas dire qui est gentil ou méchant dans cette scène et du coup on se pose une deuxième question

 

  • Une vie en vaut-elle une autre ou faut-il privilégier le plus grand monde ? En effet, Hannah n’est pas considérée comme un humain, mais comme un moyen de sauver l’humanité. Est-ce légitime ? Doit-on supprimer ou manipuler génétiquement une partie de la population pour sauver le reste de l’humanité ? En ces temps de guerres avec des terroristes où des prises d’otage ou la capture de pays se multiplient on peut même aller plus loin et se demander est-ce que pour sauver toute l’humanité, on peut bombarder un endroit car on sait qu’au milieu des civils il y a des ennemis militaires dangereux ?

 

 

  • La différence : une force ou une menace ? Comme dans X-Men, on va traquer ces « maudits ». Mais ne sont-ils pas, dans leur différence, une solution aux problèmes ? Et du coup, à travers ces maudits, tu peux en réalité parler des communautés, des parias et de tout groupe de personne non entendu dans la société

 

  • L’eugénisme pour la création d’une race améliorée. Ce thème est lancé dès le premier chapitre avec Hannah qui est différente du commun des mortels. Et plus tard, Tiaki citera son vieil ami qui pense que les Hommes sont fragiles, parce qu’il sait que notre héroïne détient des pouvoirs. On a donc l’idée que les Hommes d’Holkyia sont peut-être arrivés à la fin et qu’ils vont être remplacés par des êtres mieux dotés génétiquement. A moins qu’une guerre entre les sans-magie et ceux avec ait lieu ?
  • L’éducation, l’école et notre relation à la connaissance. Comme expliqué avec les personnages de Tiaki, Kai et Kino, il y a eu un vrai fil rouge, grâce au cours sur les légendes, l’ECL. En quelques pages, tu nous interroges sur l’utilité de l’école, mais aussi sur qu’est-ce que l’intelligence, puisque Kai qui n’est pas bon en cours l’est assez pour retrouver en quelques heures la trace d’Hannah, juste avec quelques bribes d’infos. Quant à Tiaki, elle montre aussi une très grande intelligence et sauve même son frère ! En parlant de celle-ci, elle nous fait nous interroger sur un autre thème que je n’ai jamais vu auparavant

 

  • Notre relation avec le passé, l’histoire et les légendes. En effet, Kai est nul en légende, car ne comprend pas rien à l’histoire et ne croit pas à ces légendes. Là où Tiaki y croit dur comme fer. Bien évidemment, je suppose que plusieurs légendes vont s’avérer être réalité. Une phrase est répétée comme un mantra dans ton roman et nous rappelle le lien étroit entre les légendes et l’Histoire et donc entre la vérité et le mensonge. Si on doit être amené à découvrir l’Histoire et ses légendes de cet univers, tu pourrais faire plusieurs parallèles avec notre monde où une légende expliquerait une partie du passé, voire le remettrait en cause. Ainsi tu amèneras le lecteur à se demander comment s' »écrit » l’Histoire ? Qui décide de ce qu’on garde ou pas et si tout ce qu’on nous apprend est vrai. (oui je vais loin). Alors pourquoi ne pas aller plus loin avec ce thème et carrément parler de notre rapport à notre histoire personnelle, par exemple ? Comment ? En mettant en place un personnage qui va rejeter son passé, voire oublié, un autre qui va continuer d’y vivre avec nostalgie et un dernier qui s’en sert pour apprendre de ses erreurs et avancer. Après ce n’est qu’une idée

 

  • Plus simple, tu peux évoquer le thème de la famille

 

Cependant, avant de clore cette partie, je voudrais revenir sur un point super dérangeant : ta vision des garçons hyper caricaturale au possible à travers Kai. Je n’irai pas par quatre chemins : les mecs ne sont pas tous des obsédés qui ne se lavent pas et ne veulent pas qu’on rentre dans leur chambre, car ils font des choses « indécentes » ou « décadentes ». Sauf qu’en deux chapitres, Kai passe pour un obsédé qui laisse carrément du porno traîner par terre, sérieux quel mec fait ça ? Et juste après, il est tellement pressé de partir de chez lui qu’il ne se lave même pas et sort avec sa sœur de six ans sous le bras… Bon le coup du porno, pourquoi pas, mais le fait qu’il ne se lave même pas, ne se préoccupe pas de son hygiène et de celle de sa sœur, oulah la la, j’ai un peu tiqué.

 

Du coup que dire ? Comme pour le reste, il y a de quoi dire et de quoi faire, mais il faut que tu te poses et réfléchisses réellement à pourquoi tu écris, sur quoi tu écris et COMMENT tu veux l’écrire. J’espère que mes idées de messages vont t’inspirer

5 • La forme

Et pour finir, la forme. Je pense que c’est ce qui m’a mis la puce à l’oreille sur le temps que tu as passé sur l’écriture de tes chapitres : à mesure que je te lisais, de plus en plus de fautes d’inattention revenaient, des verbes non ou mal conjugués, les mêmes tournures de phrases et surtout… beaucoup d’ellipse pour ne pas avoir à décrire ce qui se passe. Je ne m’explique pas ce choix de narration, mais tu aimes à nous rappeler l’heure ou le temps et à sauter le temps, pour qu’on ait une impression de temps qui passe. Sauf que ça ne marche pas, car comme expliqué dans la partie univers, tu ne prends pas le temps de décrire les actions, d’écrire les choses et souhaite seulement nous montrer tes idées, comme avec le pouvoir de Tiaki. Et du coup, les chapitres sont assez vides, car on sent que tout tourne à chaque fois autour d’une ou deux idées et que tu brodes autour pour nous y amener. Donc je pense que tu devrais vraiment travailler ton style. Tu te cherches encore, et ça se voit, mais le meilleur moyen de progresser est de prendre le temps d’écrire et non pas de vite vouloir publier. Et efforce-toi de cherches des synonymes pour remplacer les auxiliaires, car tu t’en sers de trop : ça te forcera à réfléchir à de nouvelles tournures de phrases et va enrichir ton vocabulaire. Tu trouveras pour t’aider mon relevé des fautes dans ton fichier commenté, ce sont toujours les mêmes fautes. Une bonne relecture et tout aurait été effacé je suis sûr.

La structure du récit globale est pourtant simple, et en utilisant plusieurs points de vue tu peux rendre ça sympa, car au final on connait ce genre d’histoire : nos héros doivent retrouver la captive et ce faisant ils vont devenir la cible du gouvernement. Mais justement, une structure de récit si simple ne doit pas te freiner, mais plutôt te permettre d’innover, de mettre en scène les choses en prenant ton temps avec un vocabulaire plus varié.

En dehors de cela, je voulais revenir sur deux-trois points plus technique :

  • Tu ne mets pas de tirets cadratin, mais deux petits tirets, au début de tes dialogues : https://uneplume.net/2012/12/faire-des-tirets-cadratins-dans-word-et-libre-office/
  • L’utilisation de chiffres au lieu de lettre pour former l’heure, l’âge et d’autres données numériques : tu ne peux utiliser les chiffres dans ton texte directement et doit les écrire en lettres
  • A un moment tu écris Arc Second. Je suppose que c’est pour faire comme dans les manga. Sauf qu’on est déjà dans l’arc recherche d’Hannah, vu qu’on a commencé le roman avec elle, que Kai tombe dans les pommes à cause d’elle et ils s’en vont pour la trouver. De plus, second signifie qu’après il n’y aura pas d’autres arcs, à la différence de deuxième. Donc est-ce vraiment une bonne idée ?

Donc sur la forme, on voit vraiment les ravages de ton envie d’aller vite, trop vite : tu n’écris pas pour les gens de Wattpad mais pour toi et partager une expérience dans ton univers, alors ne laisse pas Wattpad ou Sweek t’empêcher de bien prendre le temps de travailler ton chapitre, par respect pour toi et pour tes lecteurs, car tu le verras dans le document partagé, j’ai vraiment eu l’impression en lisant les chapitre 3-4-5 que tu t’en fichais de l’histoire, de l’univers, des personnages et voulait juste me montrer à quel point ton monde était magique et qu’il allait avoir de l’action plus tard alors on saute vite. Tu veux écrire une saga : prends ton temps. Tu veux être lu ? Prends encore plus ton temps. Tu veux être édité ? Prends encore encore plus ton temps.

 

EN CONCLUSION

En définitif, je pense que tu l’as compris. Mais j’ai été déçu par ma lecture, car il y a un potentiel gâché par une envie d’aller trop vite. Cependant, en te lisant et suite à quelques recherches sur ton blog et ton wattpad, ça m’a fait penser à moi lorsque j’ai commencé à écrire. J’avais treize ans et je ne racontais pas une histoire, comme toi, je me regardais écrire et faire des jolies phrases, aller dans tous les sens, sans prendre en compte le lecteur. L’an prochain ça fera dix ans depuis que j’ai commencé à écrire et si je peux te conseiller quelque chose, quelles que soient tes ambitions avec Holkyia : concentre-toi pour offrir le meilleur aux lecteurs et tu progresseras. Ne regarde pas les autres, même si c’est dur, mais cherche à progresser en lisant ou écoutant des critiques, en lisant beaucoup et en te demandant pourquoi ce passage m’a plu et pas un autre. Et surtout, arrête de laisser les lecteurs t’imposer leur rythme et leur envie, surtout sur Wattpad encore une fois : même s’il te faut un mois pour sortir un chapitre, tu t’en fiches, car le but ce n’est pas d’être la star du net pendant un mois, mais de faire une série lue dans le monde entier. Enfin, écoute chaque critique, mais ne conserve que celles qui te semblent vraiment justifiés et vont te permettre d’avancer. Donc, même la mienne si tu veux la jeter, vas-y. Je te dis ça, car j’ai longtemps fait l’erreur que parce que j’avais un style d’écriture, ça suffirait pour être édité. Sauf que quand tu écris, il y a deux autres parties à prendre en compte : l’éditeur et le lecteur. Or, le premier croit connaître les goûts du second. Alors arrête de te regarder écrire et ensuite balancer sans te relire tes chapitres sur le net et demande-toi : est-ce que les lecteurs vont vraiment aimer ? Est-ce que j’ai tout donné sur ce chapitre pour eux ? Car à ce moment-là, tu n’écriras plus une histoire. Tu en raconteras une.

J’espère que ma critique t’a aidée et qu’Holkyia va encore grandir.

Et que la Plume soit avec toi,

Big Brother

Catégories : Plum'Analyses

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